Verrues et autres tumeurs bénignes de la peau : symptômes et traitements

Verrues : comprendre et repérer ces lésions cutanées

Les verrues sont des excroissances de la peau dues à une infection par des papillomavirus humains. Elles se transmettent par contact direct peau à peau ou via les surfaces humides, en particulier dans les piscines et les vestiaires. Chez l’enfant, elles apparaissent souvent sur les mains, les doigts ou la plante des pieds, car les microtraumatismes et le grattage favorisent la contamination et l’auto-inoculation vers d’autres zones du corps.

Certaines verrues restent petites, plates et discrètes, d’autres deviennent épaisses, rugueuses et douloureuses à la pression, surtout sous la plante du pied. Beaucoup régressent spontanément au bout de quelques mois ou années, mais leur caractère contagieux et gênant conduit souvent à demander un traitement, en particulier chez l’enfant et l’adolescent.

Traitements des verrues : solutions locales et actes dermatologiques

Le traitement de première intention repose sur les préparations à base d’acide salicylique, parfois associé à d’autres acides kératolytiques. Ces solutions, gels ou pansements agissent en ramollissant et en éliminant progressivement les couches superficielles de la verrue. L’application se fait chaque jour pendant plusieurs semaines après un léger ponçage de la lésion, en protégeant la peau saine autour. Cette approche donne de bons résultats sur les verrues communes et plantaires lorsque la personne suit le traitement avec régularité.

En cabinet, la cryothérapie à l’azote liquide détruit la verrue par le froid intense. Le dermatologue applique l’azote quelques secondes sur la lésion, ce qui provoque une brûlure contrôlée avec parfois une cloque puis une chute de la verrue. Plusieurs séances espacées de deux à trois semaines sont souvent nécessaires. Ce traitement s’emploie avec prudence chez les jeunes enfants et sur les zones fragiles, comme le pourtour des ongles, afin de limiter le risque de cicatrice ou d’atteinte de l’ongle.

Pour les verrues tenaces, le dermatologue dispose d’autres techniques comme l’application de substances caustiques plus puissantes, la cantharidine sous contrôle médical, la laserthérapie ou l’électrocoagulation. Ces méthodes s’utilisent selon la localisation, le nombre de verrues et l’âge du patient. Chez les personnes immunodéprimées, la surveillance se renforce car les lésions se multiplient plus facilement et résistent davantage aux traitements.

Une consultation rapide s’impose en cas de lésion douloureuse, qui saigne, qui change rapidement d’aspect ou dont l’aspect ne ressemble pas aux verrues habituelles. Le médecin ou le dermatologue vérifie alors le diagnostic et écarte d’autres maladies de la peau plus graves.

Molluscum pendulum : les acrochordons ou « petites boules de chair »

Le molluscum pendulum, aussi appelé acrochordon ou skin tag, correspond à une petite excroissance molle qui pend à la surface de la peau. Ces lésions se développent surtout dans les zones de frottement comme le cou, les aisselles, l’aine ou les plis sous-mammaires. Elles deviennent fréquentes à partir de la quarantaine et touchent aussi bien les femmes que les hommes. Le surpoids, certains troubles métaboliques et le frottement chronique favorisent leur apparition.

Ces excroissances restent bénignes et ne se transforment pas en cancer. Elles ne sont pas contagieuses. Elles provoquent surtout une gêne esthétique ou un inconfort lorsqu’elles s’irritent au contact des vêtements, des bijoux ou de la lame de rasoir. En cas de douleur, de saignement ou de modification soudaine de la couleur ou de la forme, un avis médical reste nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Lorsque la personne souhaite les faire retirer, le dermatologue peut les sectionner à l’aide de ciseaux stériles ou d’un bistouri après désinfection, parfois avec une anesthésie locale. D’autres méthodes existent, comme l’électrocoagulation, la cryothérapie ou le laser CO2, selon la taille, le nombre de lésions, la zone concernée et le phototype. La cicatrisation se fait en général rapidement, avec un risque de récidive faible sur le même point mais possible sur d’autres zones de frottement.

Angiomes séniles : taches rubis et petites bosses rouges

Les angiomes séniles, encore appelés angiomes cerise ou taches rubis, sont de petites tumeurs vasculaires bénignes. Ils se présentent sous la forme de papules rouges ou bordeaux, arrondies, parfois légèrement bombées, de taille variable allant de la pointe d’une épingle à quelques millimètres. Ils se multiplient avec l’âge et apparaissent surtout sur le tronc, les épaules et parfois sur les membres.

Ces lésions correspondent à de petits amas de vaisseaux sanguins superficiels et restent sans lien avec le cancer de la peau. Elles restent habituellement asymptomatiques, mais peuvent saigner si elles se font griffer, frotter ou percer. Un angiome qui change d’aspect, de couleur ou de forme nécessite un contrôle dermatologique pour éliminer une autre lésion vasculaire ou pigmentée.

Le traitement reste purement esthétique, lorsque la personne trouve ces taches inesthétiques ou gênantes. Le dermatologue peut recourir à l’électrocoagulation, à la cryothérapie ou à un laser vasculaire. Ces techniques visent à coaguler ou détruire les vaisseaux responsables de l’angiome tout en préservant la peau environnante. Selon le nombre de lésions et la méthode choisie, plusieurs séances peuvent se succéder.

Chéloïdes : quand la cicatrice devient une tumeur bénigne

La chéloïde est une cicatrice qui dépasse largement la zone initiale de la plaie et forme un bourrelet ferme, parfois douloureux ou prurigineux. Elle survient après une coupure, une intervention chirurgicale, une brûlure, un piercing ou même un simple bouton d’acné. Les personnes à peau foncée ou d’origine africaine ou asiatique y sont plus exposées, de même que certaines localisations comme le thorax, les épaules ou le lobe de l’oreille.

La chéloïde reste une tumeur bénigne, mais son volume, sa couleur et les démangeaisons qu’elle provoque gênent fortement la qualité de vie. Elle peut s’infecter en cas de grattage ou de friction répétés, ce qui justifie l’usage de soins locaux adaptés et, si besoin, d’un traitement antibiotique en cas de surinfection confirmée.

La prise en charge associe souvent plusieurs techniques. Les injections intralésionnelles de corticoïdes réduisent l’épaisseur et la rougeur de la cicatrice, parfois en association avec des pansements de silicone ou une compression prolongée. La cryothérapie, certains lasers ou d’autres traitements physiques complètent parfois le protocole. La chirurgie seule expose à un risque élevé de récidive, raison pour laquelle elle s’accompagne le plus souvent d’un traitement complémentaire comme des injections de corticoïdes ou une radiothérapie localisée, selon l’évaluation spécialisée.

Une consultation auprès d’un dermatologue ou d’un chirurgien spécialisé dans les cicatrices permet de discuter des options en fonction de l’ancienneté de la chéloïde, de sa localisation, de son retentissement fonctionnel ou esthétique et des antécédents du patient.

Quand demander un avis médical pour une lésion de peau

Une verrue qui persiste malgré plusieurs semaines de traitement, une excroissance qui grossit rapidement, une lésion qui saigne spontanément ou qui change de couleur justifient un examen médical. Le médecin généraliste ou le dermatologue pose le diagnostic, rassure sur le caractère bénin de la plupart de ces tumeurs cutanées et propose un traitement adapté à la gêne ressentie. Cette vigilance permet de ne pas laisser passer une lésion atypique et de retrouver une peau plus confortable et plus facile à accepter au quotidien.

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